Robert Poujade, ministre de la protection de la nature et de l’environnement, 1971-1974

Le 7 janvier 1971 Robert Poujade est nommé à la tête du tout premier ministère de l’Environnement. Ancien élève de l’École normale supérieure, engagé très jeune dans le mouvement gaulliste, Robet Poujade y occupe d’importantes fonctions à la fin des années 1960, en devenant notamment secrétaire général de l’Union pour la défense de la république (UDR).

Pour bien marquer la vocation interministérielle de cette nouvelle administration, le ministère de la Protection de la nature et de l’Environnement est créé comme « délégué auprès du Premier ministre ». Ce rattachement direct au Premier Ministre manifeste la volonté politique du président de la République, Georges Pompidou, de mettre en avant cette nouvelle politique de l’environnement, jusqu’alors partagée entre plusieurs administrations.

À l’occasion de la nomination d’un nouveau gouvernement le 5 avril 1973, Robert Poujade devient un ministre autonome ne dépendant plus du Premier Ministre, tout en gardant les même compétences.

Celles-ci sont détaillées dans le décret n° 71-94 du 2 février 1971 relatif aux attributions du ministre délégué :

« Le ministre […] a pour mission d’assurer la protection des sites et paysages, d’améliorer l’environnement et le cadre de vie, de prévenir, réduire ou supprimer les pollutions et nuisances de toutes sortes, qu’elles résultent des particuliers ou qu’elles proviennent des équipements collectifs, des grands aménagements ou d’activité agricoles, commerciales ou industrielles. »

« Le ministre […] exerce les attributions précédemment dévolues :

au ministre du Développement industriel et scientifique, en ce qui concerne les établissements dangereux, insalubres ou incommodes ;

au ministère de l’Agriculture, en ce qui concerne la chasse, la pêche, les parcs nationaux et les parcs naturels régionaux ;

au ministre des Transports, en ce qui concerne la chasse maritime ;

au ministre des Affaires culturelles, en ce qui concerne la protection des monuments et des sites à caractère naturel ;

au ministre chargé du Plan et de l’Aménagement du territoire, en ce qui concerne la coordination interministérielle dans le domaine de l’eau. »

Robert Poujade est remplacé par Paul Dijoud nommé le 1er mars 1974 secrétaire d’État chargé de l’Environnement. Il témoigne de cette expérience ministérielle dans son ouvrage Le Ministère de l'impossible, publié chez Calmann-Lévy en 1975.